Si nous abandonnons l’idée de Dieu, nous devons composer avec le vertige de l’infini. 

Non seulement rien ne fait obstacle à l’émergence de la multiplicité de tous les univers possibles, mais rien ne vient arrêter leur répétition infinie dans le temps, dans les « siècles des siècles », dans l’éternité. Une infinité d’univers qui se répète indéfiniment, en son effarante diversité, il faut s’y accoutumer.

La seule manière d'y faire obstacle c'est – c'était – Dieu. Puisquel’idée de l’existence de Dieu est loin d’avoir réussi à faire l’unanimité, alors voyons où nous mène celle de l‘infini, l'infini réel, celui qui nous inclut, qui nous forme, l'infini de cequi, tout comme nous, est bien là, l'infini de l'existant, « incréé » puisque sans créateur

(Multivers et réalité humaine, Louis Loujoz, § 12)

 C’est cette constatation qui va commander toute la suite de la réflexion de l’auteur.